| [27/03/2006] Les matriarches jumelles | Retour index |
| RESERVE |
| Lupana | 27/03/2006 - 14:50 |
| [pid:67341] | Cette nuit fut si étrange ... Le combat entre Tullaris et cet elfe ... La chute des deux adversaires dans la cascade de sang ... La disparition de Tullaris ... Seilikia et Kiaranshee rentrèrent à Cheel bien désoeuvrées et terriblement tristes. L'une venait de perdre son amant, l'autre son frère ... Une famille à nouveau déchirée. La petite dernière des Kal'Dakan ne trouva rien qui puisse la réconforter, mise à part la demeure qui aurait dû être la sienne. Laisant Seilikia à la taverne, la drow se glissa dans les rues sombres jusqu'aux ruines de la maison Kal'Dakan. Elle y resta plusieurs jours, fouillant le moindre recoin de cet amas de pierres et de poutres. Elle trouva le corps de la matrone, pourissante créature rongée par les rats qui maintenant grouillaient au milieu des ruines. La drow ne s'en soucia pas. Elle cherchait encore des réponses. A force de fouiller, elle fini par trouver ce qu'elle n'espérait plus : une pièce que personne n'avait semble-t-il atteint lors du siège de la maison. Une pièce cachées des autres, à l'abris ... Usant de sa dague la drow réussi à crocheter la serrure rouillée. La surprise fut de taille : une immense bibliothèque s'ouvrait devant elle. Des livres de magie cotoyaient des ouvrages d'histoire et de contes pour enfants. Plus loin des livres contaient la vie de familles drows ... dont une qui attira le regard de Kiaranshee. Une couverture en cuir noir reliée de fils d'or, et un emblème ô combien éloquent : une tête de loup surplombant un lettrage doré «Qu'ellar Kal'Daka » ... La maison du loup ... les Kal'Dakan ! L'histoire de sa famille, là devant ses yeux ! La drow n'en revenait pas. Elle cacha le livre au fond de son large sac de toile sans même l'avoir ouvert. Puis elle pris soin de cacher dans un trou dans le mur du fond les ouvrages qui semblaient être les plus précieux, tant au niveau de leur contenu, de leur âge apparent que de leur apparence riche. Enfin elle prit grand soin de bloquer la porte ainsi que de la cacher du mieux qu'elle pu, après quoi elle quitta les ruines. Elle passa en coup de vent dans son autre demeure, celle de la maison Noyrflamm. Elle prétexta une « mission » urgnte et se dirigea vers l'armurerie de la famille. Un bien grand mot pour cette petite remise mais elle savait qu'elle trouverait là certains objets qu'elle y avait laissé. Elle troca sa dague contre un grand bâton qu'elle avait autrefois surnommé Myrlochar. Son cauchemard dans le monde des morts lui avait rapellé l'existence de cette arme si précieuse pour elle. Elle retrouva aussi une toge noire qu'une vielle matrone de la famille lui avait légué avant de mourir, et que la petite drow n'avait pu porter à l'époque. Maintenant elle lui allait comme un gant. Ele laisa donc sa vielle cape et emporta la toge. Puis elle se dirigea vers sa petite chambre. Là elle y avait caché une magnifique tiare sombre ornée d'une pierre rouge, butin qu'elle avait gagné grâce à un pari alors qu'elle vagabondait dans les rues de Cheel avec ses frères en quête de bêtises à commettre. Une fois ces quelques affaires réunies, la drow décida de rejoindre Seilikia. Elle la retrouva dans sa chambre de la taverne. Elle avait les yeux rougits mais la drow n'en fit pas la remarque. Kiaranshee ferma la porte et sorti le livre sur les Kal'Dakan qu'elle commença à lire, d'abord pour elle-même puis pour Seilikia. - C'est le journal de ma mère apparemment, voici les dernières pages: « ... Nous décidâmes de prendre les choses en main. Trop de fois le déshonneur nous a frôler. Cette matrone stupide ne pourra mettre fin au destin de notre maison. Nous savions que Kaela et son frère seraient les premières victimes de cete tragédie qui s'anonçait. Je devais mettre mes filles au monde mais nous devions les protéger. J'avais trop jouer avec le feu sans doute ... Bien que nous ne sachions si les deux avaient bénéficié de la potion ou si une seule grandirait selon nos plans, nous décidâmes de n'en garder qu'une, la première née. L'autre sera confiée à notre sage-femme en qui j'ai toute confiance. J'ai du mal à me faire à l'idée de me séparer de mes filles ... Mais je sens que je ne verrais aucune des deux grandir ... La menace est trop grande pour que notre maison en sorte indemne. ... » - Par Sorad ... J'aurais donc une soeur ... jumelle ! La drow, pressée de savoir la suite, continua sa lecture : « ... Je sentais que l'accouchement était proche. J'était si faible, je ne tenais même plus debout. Et cet enfant insolent qui n'était même pas conscient du danger ! Son père ne le corrigeait pas assez alors que moi je n'en étais plus capable ! Heureusement que Kaela savait le remettre à sa place ... Un mâle devrait le savoir sans qu'on lui dise ... Prise d'un sentiment d'angoisse j'appelai la sage femme : Mon amie, si je devais mourir en couche fait en sorte que mes désirs soient éxécuté. La deuxième née sera ta fille, tu t'en occupera sans jamais rien lui dire de ses origines. Pour sa survie elle ne devra l'apprendre que par elle-même. Je ne te demande qu'une chose : donne lui mon prénom. » Ainsi je lui dévoilait sa triste mission, séparer mes enfants pour qu'elle puisse un jour être réunies pour un destin plus noble. Je vis une larme couler le long de sa joue. Je fut prise moi aussi d'une envie de pleurer mais me retint. Une matriarche ne pleure pas ... c'est ce que je voulais pour mes filles. Mes princesses seront les guides des drows, j'en rêvais pour elle ... - Je ferais selon vos souhaits Dame Seilikia Par Sorad, ce sera sans doute la dernière fois que j'entendrais cette phrase ... » Les deux jeunes drows se regardèrent alor sans trop savoir quoi dire ni comment comprendre cela ... |
| Seilikia | 10/04/2006 - 20:33 |
| [pid:70968] | La drow n’avait tout d’abord prêté qu’une oreille discrète aux paroles de Lupana, toute plongée qu’elle était dans ses tristes pensées, elle avait beau vouloir n’en rien laisser paraître, elle savait que c’était peine perdue. Lorsque sa sœur de race cita la présence d’une deuxième fille, l’attention de Seilikia se réveilla quelque peu, jamais Tullaris n’en avait fait mention. Un faible sourire se dessina sur ses lèvres quand Lupana prit conscience de la portée des mots qu’elle venait de lire, cependant l’elfe noire n’arrivait toujours pas à émerger de ses morbides pensées. Néanmoins, tout accaparée qu’elle était dans ses songes, elle reçut la révélation comme un véritable coup de fouet, tandis que ses yeux s’élargissaient, sa bouche s’entre ouvrit comme si elle s’apprêtait à parler mais aucun son n’en sorti. Un frisson parcouru l’échine de la drow qui se mit trembloter légèrement. Ça n’avait aucun sens, un stupide et cruel hasard, pourtant elle n’avait jamais considéré ses parents comme tel, et si… « Sei…li..kia…Dame Seilikia » répéta l’elfe pour elle-même, un pauvre sourire se dessina sur ses lèvres alors qu’elle quittait sa couche pour se placer face à la fenêtre. -Non…tout ceci ne peut être, il s’agit sans doute de quelqu’un d’autre, je ne suis sûrement pas la seule à porter ce nom en Tédéhessie. Une coïncidence, une douloureuse coïncidence, voilà tout ce que c’est. Murmura l’elfe d’une voix tremblante. Une image glaça le sang de la drow, face à elle, dans la vitre, son reflet et celui de Lupana s’offraient à elle, grâce aux impuretés du verre, elles étaient identiques, elles se ressemblaient trop pour un innocent tour de la nature… Les poings de l’elfe se serrèrent dans le vide alors qu’elle se retournait vers celle dont elle croyait ne jamais pouvoir rejoindre la famille suite à la disparition de Tullaris. Tout ce qu’elle avait connu s’écroulait, sa jeunesse dans un village misérable, ses « parents » sans ambition, une famille dans laquelle elle ne se retrouvait pas. Tout cela était terminé, une nouvelle place l’attendait-elle ? Une larme roula le long de la joue de Seilikia, qu’elles étaient les autres mensonges dont elle avait été victime ? -Ma…sœur ? Elle qui n’avait jamais connu la moindre attache, elle qui s’était appliquée à ignorer la famille qu’elle se connaissait se trouvait aujourd’hui une sœur en une des rares amies qu’elle avait jamais eue. Franchissant les quelques mètres qui la séparaient de Lupana, l’elfe noire la sera dans ses bras, l’affection était rare chez cette race, mais lorsqu’elle apparaissait, elle créait des liens d’une force déconcertante dans ce monde de complots et de trahisons. -Ce jour m’aura pris mon amant qui se révèle être mon frère mais m’offre en contrepartie une famille dont j’ai toujours rêvé, malgré le revers funeste de cette journée, je crois que Sorad s’est enfin penché sur nous, ma sœur. Et…je suis heureuse qu’il en soit ainsi. |
| Lupana | 11/04/2006 - 09:56 |
| [pid:71019] | La drow en avait lâché le livre qui avait touché le sol sans bruit. Tout lui semblait surnaturel. Quand Seilikia la prist dans ses bras elle ne bougea pas, puis, comme un réflexe, ses bras vinrent entourer les épaules de sa soeur. L'étreinte parut s'être figée dans le temps. les deux femmes ne bougeaient pas. Seilikia desserra les bras et se recula un peu. Lupana la regardait de ses grands yeux noirs. "J'ai du mal à y croire ... On m'a toujous dit que nous sommes seuls maitres de notre destin mais il faut croire que pour notre famille tout était écrit ... " La drow avait un tremblotement dans la voix. "Comment n'avons nous pu nous rendre compte de cela ... Cette ressemblance ... et Tullaris ... Ton prénom est celui de mère ... Je ... Tout cela est si ... soudain ..." La drow se tut. Les mots s'emmelaient dans sa tête. Elle semblait lutter entre larmes et rire. Mais la joie l'emporta. "Jamais personne ne nous séparera ... Je ne permettrais pas qu'un nouveau membre de ma famille me soit enlevé ! Nous deux nous irons loin ! Toi la mage-drow et moi la chasseresse, nous serons plus fortes à deux et c'est ...." La drow s'arrêta brusquement de parler. Elle venait de prendre conscience d'une chose. Enfin elle avait les réponses à ses questions. Elle venait de comprendre. Ce n'était pas un rêve ! "Seilikia ... Tu sais je faisais souvent un rêve où je me voyais au milieu de la forêt entourant Cheel, entourée de loups. Il y a toujours une femme qui me ressemble dans ce rêve. Elle me protège des loups et me console. Quand j'ai appris que Tullaris était mon frère j'ai pensé que cette feme c'était la partie de moi qui était perdue dans le passé, Kiaranshee. Mais en fait je crois bien que c'était toi ... Inconsciemment tu me manquais ... Sans nous m'en rendre compte je te parlais depuis toutes ces années !" La drow avait retrouvé la flamme qui dansait à nouveau dans ses yeux. |