[26/01/2006] An -179 avant l'Exode, seule... Retour index
Réservé (BG)
jade_itarille 26/01/2006 - 20:30
[pid:52760] Le 24ème de Novanoct, An -179 avant l'Exode...



Le bruissement des feuilles révèlait la présence du puissant vent du nord qui se levait au delà des cîmes des arbres. On ne ressentait pas encore, dans les profondeurs de la forêt, l'air glaçial charié par la bise. De petits tourbillons entraînaient pourtant déjà les feuilles mortes qui jonchaient le sol, les mêlant en une ronde silencieuse et annonçant l'arrivée imminente d'une vague de froid.
L'atmosphère terne de Novanoct rendait le paysage morose, tout comme ses habitants. Sournois, le vent du nord s'engouffrait petit à petit au coeur du nid douillet qu'avaient formés au fil des ans les végétaux des abords des monts Gorha, rampant à même le sol, soulevant les fougères qui vibraient frileusement et glaçant les racines proéminentes de quelques jeunes pousses. L'hiver s'annonçait froid, et bien des plantes mourraient sur ces terres indomptées, et négligées...
Les poils soulevés par la bise naissante, de petits animaux s'animaient prestement, avides de retrouver leur tanière. Un des plus téméraires, de la race des écureuils de Adohn à n'en pas douter, -ils sont de forte constitution- s'acharnait encore autour des restes du repas d'une marmotte, pensant sans doute que ses réserves méritaient bien encore quelques efforts. Un faible bruissement l'arrêta soudain dans son labeur. A son pas léger, il reconnut une elfe; un peu jeune, sans doute, pour n'être plus discrète. Se dressant sur ses pattes arrières, le petit animal attendit un instant, le temps de voir apparaître la frêle silhouette d'une jeune fille. Intrigué de trouver une elfe dans ces contrées, il s'octroya quelques secondes encore pour humer l'air environnant, avant de s'enfuir à petits bonds; il avait oublié comme il était bon de sentir la présence rassurante d'un membre de cette race...
Rassurée, la jeune fille était loin de l'être. Tremblant sur ses longues jambes fuselées, les traits de son visage faisaient peur à voir. Affamée, épuisée, elle marchait depuis des lunes. Elle était loin, sa belle assurance. Exilée loin de sa famille, rejettée malgré elle et malgré eux loin des siens, elle avait d'abord crû bêtement s'en tirer facilement. Débrouillarde, elle avait toujours fait preuve d'une grande aisance en tout, et elle avait démontré à maintes reprises la force de caractère que ses origines lui conféraient.

Ses origines, c'était là son plus grand malheur; drow elle était née, mais chez les namidas...
L'enfant des deux lunes.
Une larme coula sur sa joue, brûlant sa peau gelée et laissant derrière elle une trace lumineuse dans la crasse qui s'était accumulée sur son visage. Elle se sentait maintenant totalement désarmée et inexpérimentée. Si elle n'avait été si déprimée, elle aurait pu juger de sa force, comprendre qu'elle était capable autant qu'un autre, plus même, mais la noirceur de ses pensées l'entraînait dans une lente agonie, provoquée bien qu'inconsciente. Elle se laissait aller à la douleur d'avoir tout perdu. Préparée toute sa vie à cette séparation, elle l'avait toujours stoïquement envisagé douloureuse, mais pas ainsi, pas à en mourir...

Elle tituba, tombant nez à nez avec les restes que l'écureuil n'avait pas eu le temps d'emporter; et c'est sans doute ce qui la sauva. N'ayant pas eu le courage de se nourrir depuis quelques jours, ces victuailles inattendues ne lui laissaient maintenant pas le choix; elle ne pouvait repousser ce qui s'offrait ainsi à elle. A quatre pattes sur le sol froid, elle se jetta littéralement sur le mélange de plantes et de graines; trèfle, thym et serpollet furent ingurgités vivement comme elle fourrait le tout dans sa bouche, ne prenant même pas le temps d'apprécier son maigre repas. Mais il suffit à lui redonner courage et raison. Sa vigueur quelque peu ravivée, la drow entreprit de chercher de l'eau. Son oreille exercée repéra rapidement le faible clapotis d'un ruisseau et elle n'hésita pas un instant à entrer dans l'eau froide. Si les elfes étaient rarement victime du froid, elle ne put réprimer un léger frisson, mais sans pour autant en être incommodée. Elle laissa ses bottes de cuir tanné s'imbiber d'eau, car elles avaient lourdement souffert du voyage, mais entreprit de se dévêtir de sa tunique et des jambières qu'elle posa au bord du ruisseau. Elle ôta ensuite ses bottes et s'accroupit doucement là où le courant était le plus fort, avant de s'allonger. L'eau la recouvrait à peine, dévoilant le galbe de ses jambes et la finesse de ses membres graciles. Sa poitrine se soulevait faiblement comme sa respiration devenait chaque fois plus pénible. Exténuée, elle laissait l'eau pure descendant des montagnes nettoyer la crasse dont elle était emprunte; l'eau courait sur son corps, révélant la beauté sombre de sa peau d'obsidienne, étayant ses longs cheveux bruns en corolle autour de son visage. Elle resta des heures ainsi, en paix, et il lui semblait que l'eau chariait avec la saleté sa peine et sa lassitude.

Plus tard, après avoir longuement rapé ses bottes et sa tunique, elle s'endormit d'un long sommeil sans rêves, appuyée contre le tronc d'un vieux chêne. Elle avait prit soin d'attacher en hauteur dans les branches, loin des fauves, son sac et ses armes...

Huit heures plus tard, c'était la nuit. Un loup rôda autour de la jeune elfe avant de se décider enfin à l'approcher. Il reniflait prudemment les bottes posées au sol lorsqu'un mouvement dans le noir le fit détaler...
Le vieux chêne n'avait pas parlé depuis longtemps. Des lunes avaient passé, des années qu'il n'avait perçu la présence d'un être de Sorad. Seul des nains parcouraient désormais ces forêts, avec rarement en tête de bonnes intentions. Il se ploya douloureusement, réveillant d'infimes parties de son être qui ne s'étaient plus révélées depuis des temps infinis; du plus profond de lui même, il s'anima.
Des méandres de ses rêves, la drow entendit les craquements et les vibrations qui émanaient du vieux tronc; elle sentait les bonnes intentions dégagées autour d'elle et se réveilla en sursaut, aux aguets.
Dissimulé, un homme semblait l'observer; il émergea brusquement de l'obscurité.
jade_itarille 30/01/2006 - 21:38
[pid:53456] En aperçevant la jeune fille, l'homme avait d'abord hésité; c'était une elfe, et malgré la discrétion et l'agilité que lui conférait sa condition de voleur, elle l'était sans doute plus que lui. Il était donc resté tapit dans l'ombre, à l'observer.
Elle dormait profondément, sereine, l'éclat de sa peau sombre révélé par les lueurs changeantes de Fibius. Son regard s'était alors porté sur la poitrine juvénile dénudée par l'échancrure de la tunique qui avait glissé le long d'une épaule frêle et gracile. Si séduisante...
Les pupilles du voleur s'étaient animées d'un éclat obscène. Il avait distraitement noté l'absence d'armes aux côtés de l'elfe tout en avançant vers elle, mût par la chaleur qui se propageait dans son bassin; il ne pensait plus à rien, ormis au désir qui l'animait. C'est pourquoi, lorsque la fille s'éveilla, il n'hésita pas une seconde et fonça sur elle, sans lui laisser le temps de réagir.

Voyant l'homme s'avancer vivement, elle tendit la main près d'elle, cherchant fébrilement sa dague, et se rappela trop tard avoir mis ses armes à l'abris, en hauteur...
Déjà l'homme était sur elle, la maintenant au sol, et elle pouvait sentir son haleine fétide de mortel. Si elle était habile archère, la force lui faisait cruellement défaut, et il n'était aucun mage dans son enfance pour lui apprendre ce dont une drow était capable. Des larmes de rage lui brouillèrent la vue et elle aperçevait à peine le regard vicieux du voleur, excité par sa peau douce, pétrissant de ses mains rugueuses sa poitrine sensible. Elle le sentait peser sur elle de tout son poids, la manifestation de son désir meurtrissant son ventre.
Il fit d'abord doucement glisser la tunique de l'elfe le long de ses épaules, puis l'ouvrit violemment, la déchirant presque dans son excitation. Il soufflait à ses oreilles des mots puant de son haleine brûlante, et ce souffle était pour elle un supplice. Tentant de se débattre, elle ne réussit qu'à énerver un peu plus le voleur qui palpait maintenant son corps avec violence, la retenant de son corps pressé contre elle. Il se déhancha pour ôter la ceinture qui maintenait son pantalon et l'empêchait d'atteindre le corps nubile et souple sous lui, alors qu'elle se débattait encore.


- Shhh. Si tu te débats, ce sera plus douloureux encore. Tu devrais m'être reconnaissante, les elfes préfèrent les homme, paraît-il. Tu vas voir...

Ses acrobaties achevées, le voleur s'allongea de nouveau sur elle, et elle sentit sa virilité frôler son ventre, appuyer sur son corps, forcer sa peau tendre. La colère l'envahit et un éclair passa dans son regard, luisant dans l'obscurité.
Lui était plus excité encore. La chaleur dans son bassin s'emplifia et il ahanait au dessus d'elle, avide de s'emparer de la jeune fille. De plus en plus violent, le feu de son corps brûlait maintenant ses entrailles et il ne put retenir un cri. Ouvrant les yeux, il vit le visage de l'elfe déformé par la haine. Elle se dégagea soudainement de son étreinte dès qu'elle le sentit lâcher prise. Recroquevillée contre le tronc du vieux chêne, elle regarda le corps du voleur se consummer de l'intérieur. Il hurlait maintenant, la traitant de sorcière, criant des insanités à la terre entière. Nullement émue, elle l'observait, ne comprenant qu'à moitié...
Bientôt, il ne resta plus de l'homme que quelques cendres qui s'envolaient avec le vent.

Elle resta prostrée de longue minutes, hébétée, avant de se diriger vers se qui restait de son agresseur. Lentement, elle tendit la main vers le sol, cherchant à comprendre comment cela avait pu se produire; elle devait comprendre, il le fallait.
Du moins pouvait-elle à présent se sentir rassurée quant à sa protection.
Accroupit, elle réfléchissait lorsqu'un reniflement attira son attention. Se redressant, elle tendit l'oreille un instant et se dirigea sans crainte dans l'obscurité, se faufilant dans les fougères. Elle s'arrêta un moment, écoutant à nouveau, avant de reprendre son chemin, et ne tarda pas à trouver ce qu'elle cherchait.
Attaché à un arbre, le cheval l'observait craintivement. Toute son attitude révélait la peur; les oreilles couchées, l'animal roulait des yeux. Sur sa croupe, la drow observa de nombreuses marques de coups, et à certains endroits sa robe alezane paraissait presque rouge tant sa peau était à vif. Le voleur avait dû la laisser là un peu plus tôt en avisant la présence de l'elfe.
Elle s'approcha doucement, tentant de ne pas effrayer davantage la jument. Celle-ci se mit alors à danser sur place, révélant sa nervosité plus qu'elle n'intimidait l'intruse. Comme la drow s'arrêta à sa hauteur, la jument s'éloigna du plus loin que le lui permettait sa longe; mais pas assez loin, car la jeune fille n'eût qu'à tendre la main pour toucher l'encolure frémissante. L'animal se calma instantanément et la drow lui parla doucement, s'approchant plus près, jusqu'à presser son corps contre celui de la jument. Elle ne cessait pas de lui parler, apaisant sa crainte, touchant de ses doigts fins les blessures qui se firent moins douloureuses sous la caresse amicale. Lorsque l'animal parût en meilleure condition et pleinement rassuré, la drow entreprit de lui ôter ses entraves; la selle d'abord, puis plus doucement, la bride et le mord qui lui avait meurtri la bouche. Elle appuya alors sa tête contre la fine encolure et chuchota doucement de tendres paroles réconfortantes, pour elles deux.
Elles restèrent ainsi un long moment avant que la drow ne saute souplement sur le dos de la jument. Celle-ci se mit immédiatement en marche. L'encolure arquée, les sabots de ses antérieurs martelaient le sol en cadence dans un petit galop élégant.
La drow sourit tristement. Sans nul doute, c'était un cheval de parade elfique. Elle s'expliquait mieux maintenant les meurtrissures de sa bouche peu habituée à être forcée, et sa crainte. Un pur-sang elfique entre les mains d'un mortel; pauvre bête...


- Tu ne souffriras plus. Je t'emmène dans un endroit fait pour toi, tu y seras heureuse, crois-moi. Et moi aussi, j'espère...

Elle soupira avant de se reprendre. Après tout, elle n'avait plus rien à perdre.
Après avoir récupéré ses armes, elles se mirent donc en route vers la cité noire-elfique, Cheel...

jade_itarille 12/02/2006 - 17:59
[pid:55921] Le 16ème de Decanoct, An -179 avant l'Exode...


Ce matin-là, elle s'éveilla une heure avant le levé du jour. Les yeux à peine ouverts, elle profita un moment de la quiétude ambiante; le chant des oiseaux, le faible clapotis d'une source souterraine, et même le vent dans les branches des quelques arbres sous lesquels elle avait trouvé refuge dans la plaine. Devant elle, à une dizaine de mètres, la forêt de Cheel s'étendait. Elle frissonna, sans savoir si il était juste question de la température bien en-dessous de zéro, ou de son appréhension à rencontrer enfin des êtres de ''sa race''.
Un bruit la poussa à se lever enfin. Tournant la tête en direction de sa provenance, elle rit en aperçevant la jument s'ébattre dans l'herbe gelée; celle-ci semblait prendre un plaisir intense à ce petit jeu. Un petit refraîchissement ne pouvait pas faire de mal après tout, et qui sait quand elle trouverait à nouveau un ruisseau pour se baigner. La drow ôta donc ses vêtements et s'allongea à même le sol. Le contact du sol gelé acheva de la réveiller, et c'est toute humide de glace fondue qu'elle se redressa un peu plus tard, riant aux éclats. La jument avait suivi ses roulades d'un oeil étonné mais elle ne lui en voulait pas, elle aussi s'était moqué avant d'essayer et d'y prendre plaisir.
Après un maigre repas composé des seuls végétaux commestibles trouvés en cette période hivernale, elle récupéra ses armes, ceignant la lourde ceinture qui les retenaient autour de ses hanche, et fixa son arc dans son dos. Puis, elle plia la fine couverture de lin qui lui permettait de conserver la chaleur de son corps la nuit et sauta à cheval; elle allait trouver les siens.

Deux mois déjà qu'elle parcourait la Tédéhessie; enfin elle touchait à son but. Au fur et à mesure de sa progression dans les bois de Cheel, son malaise grandissait, comme un pressentiment. Depuis le début de son voyage, elle ne savait que penser. Tour à tour joyeuse, se sentant parfois seule, inquiète aussi; pourtant, elle ne doutait plus de ses compétences. Mais la rencontre imminente avec les drows la troublait plus qu'elle ne l'aurait cru. Elle sentait malgré tout une nouvelle force en elle, fragile, ne tenant à rien de tangible, mais elle en tirait néanmoins un sentiment de fierté, et plus le temps passait, plus le sentiment d'abandon la quittait, comme si quelqu'un tentait de lui dire « ne prend pas peur, tu n'es pas seule »...
Lorsqu'elle jugea s'être suffisament enfonçée dans la forêt, la drow sauta à terre et fit face à la jument qui était devenue son amie. Elle lui fit ses adieux, parlant à mi-voix. Elle lui expliqua qu'ici, elle serait en sécurité, qu'elle devait trouver une horde qui la protégerait, que c'est ce qu'elle allait faire elle-même...
Beaucoup plus tard, c'est avec des larmes plein les yeux qu'elle regarda la jument partir et disparaître bientôt à sa vue. Essuyant une larme, elle continua son chemin, seule.

Trois jours avaient passés et elle n'avait pas encore perçu le moindre signe de vie. Pourtant elle pouvait distinguer au loin l'incroyable sphère d'énergie qui surplombait l'école de magie de Cheel.
Soudain, une silhouette émergea des buissons face à elle. Elle sursauta violemment et ne put que s'affliger de cette frayeur. En effet, à la seconde même où le drow avait surgit, la peur avait libéré en elle une puissante énergie, cette même énergie qui lui avait permis de mettre à bas son violeur au début de son voyage, énergie incontrôlable...
Le drow hurla en s'effondrant et elle se retrouva bientôt assaillie d'elfes noirs, et ils n'avaient rien d'amicaux. Une violente douleur à la tête lui fit perdre connaissance.
Lorsqu'elle se réveilla enfin, on l'avait installée à une lourde table taillée à même l'arbre à l'intérieur duquelle elle se trouvait. Plusieurs personnes lui faisaient face, des elfes noirs. Elle tenta de sourire mais ne put que grimacer en sentant la bosse sur son crâne. La femme qui semblait la plus âgée l'observait avidemment de son regard glacial, puis elle prit la parole.


- Dalharen d'lil draa drathiren.*

L'enfant des deux lunes...comment avait-elle su ?
Jade paniqua. Elle pensait pouvoir bénéficier d'un peu de temps avant de voir la vérité éclater. Et le ton de la matronne ne laissait rien présager de bon...


- H'sievss inbalus usieva dosst llanath xuil udossa. Dos shlu'ta zexen'uma ghil drill ol orn tlu natha myar ul'hyrr... *

Elle trembla alors, car si elle avait encore du mal à comprendre parfaitement la langue noir-elfique, le regard de ces drows parlaient pour eux. L'un d'eux l'attrappa par le bras et la jetta dehors sans ménagements. Elle put alors se rendre compte qu'elle n'était pas à Cheel, car il y avait peu d'habitants. Pourtant, tous avaient les yeux fixés sur elle. Certains avaient l'air furieux, d'autres semblaient gênés de croiser son regard, une femme s'enfuit même en courant sur son chemin. Elle baissa la tête, sentant des larmes perler au coin de ses yeux.
Un homme cracha juste derrière elle et alors s'en fut trop. Se retournant, elle le jaugea, le regard noir. Tous les drows s'étaient rassemblés autour d'eux. La matronne l'observait en souriant, les yeux brillants de colère et d'indignation. Jade aussi ressentait tout cela. Elle ne s'attendait pas à être bien accueillie, mais il lui semblait que le sol s'écroulait sous ses pieds; tous ces regards méprisants braqués sur elle...
Elle ne savait plus que faire. Il lui paraissait maintenant évident que la matronne lui avait permis de rester simplement pour l'attraction qu'elle représentait pour ces drows, bien plus que pour lui faire comprendre de manière plus directe qu'elle n'était pas la bienvenue. Elle entrait dans son jeu en défiant ce drow.
Une femme cependant se détacha de la foule hostile. Certains s'inclinaient sur son passage et Jade comprit qu'elle était de haute lignée. Au contraire de tous, son visage était bienveillant et elle souriait en s'approchant. La femme posa une main sur sa joue ruisselante de larmes et plongea son regard dans le sien; elle pleurait elle aussi.


- H'sievss quin ves xunus naut belbau tarthe. Usstan tlun ji taudl, drill ol zhah saph nindel. Dos zhal'la sevir, ol zhah alurl i'dol, nind ph' naut kr'athin. *

Les larmes redoublaient sur ses joues lorsqu'elle s'éloigna, laissant derrière elle les regards venimeux de ceux de ''sa race'', ses semblables...
Ainsi, il était écrit que sa première rencontre avec son peuple devait se finir de cette manière...









*L'enfant des deux lunes.
*Les prophéties avaient annoncé ta venue parmis nous. Libre à toi de rester, mais je ne te le conseille pas...
*Les prophéties n'ont pas encore tout révélé. Je suis tellement désolée, mais c'est ainsi. Tu devrais partir, c'est la meilleure solution, ils ne sont pas prêts.

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