| [19/11/2005] Possession | Retour index |
| Réservé Artkanis |
| Artkanis | 19/11/2005 - 21:31 |
| [pid:43018] | Artkanis s’arrêta un instant, le souffle court. Il se courba en avant et appuyant ses mains sur ses genoux, haletant ; il était en sueur. Tout avait été si rapide. Sreknis, Kayfs et tous les autres … en restait-il seulement un seul qui ait survécu ? Artkanis se redressa péniblement et jeta un œil par dessus son épaule dans la galerie derrière lui. Ils semblaient avoir abandonné la chasse. Artkanis l’elfe noir établit un rapide bilan des derniers évènements : quelques heures plus tôt, il quittait la ville souterraine drow de Trinka’rhass, accompagné d’un petit groupe de ses homologues, dirigé par une prêtresse drow, à la recherche des elfes fugitifs, prédestinés au sacrifice aux dieux sombres du Monde d’En Bas. Le petit groupe s’était déjà fort éloigné de la cité lorsque l’attaque survint. Le boyau dans lequel il se trouvait était particulièrement étroit et ils durent passer en file indienne. C’est Valron qui donna l’alerte, bien malgré lui, lorsqu’il poussa un hurlement à l’arrière du groupe ; il fermait la marche. Ledit hurlement s’étouffa très vite puisqu’il s’écroula quelques courts instants plus tard, le crâne fracassé, ouvert, décervelé. L’illithid avala les derniers fragments de cervelle du drow dans un immonde gargouillement et se rua sur le suivant … pour s’empaler sur la lame de celui-ci. Mais déjà, des dizaines d’autres créatures affluaient à l’ouverture du passage… Le reste n’est plus très clair remarqua Artkanis en lui-même. Les cris, le sang, la lutte et puis très vite la fuite. Il ne savait plus où il était. Dans sa course aveuglée par la peur, il s’était beaucoup trop éloigné du territoire des elfes noirs, il était perdu. Il longea plusieurs galeries humides, guettant le moindre bruit, les tempes résonnant d’un rythme effréné. C’est alors qu’il déboucha dans une immense salle parfaitement sculptée à même la pierre. Ca et là, gisaient quelques corps secs, noircis, couverts de poussière. La pièce ne reflétait aucune lumière. Les reflets des cristaux phosphorescents des galeries dont il venait de déboucher se perdaient dans l’immense obscurité. Les torchères fixées aux murs, vides semblaient n’avoir plus servi depuis une éternité. Artkanis hésita un peu puis s’avança lentement, s’efforçant de distinguer l’espace devant lui. Après quelques cent pas dans la pièce dont il ne distinguer ni extrémité, ni plafond, il sursauta quand un grand courant d’air suivit d’un assourdissant choc sourd lui révéla la présence de quelque chose d’énorme, juste derrière lui. Il se retourna et empoigna sa lance mais ne vit rien. Tout était obscurité hormis deux lueurs vertes à quelques mètres au-dessus de lui. C’est alors que retentit une sourde voix de tonnerre, faisant résonner le sol sous l’elfe. « Qui donc est assez fou pour s’être introduit dans mon antre ? ». Artkanis crispa ses poings sur la hampe de son arme. De toute évidence, il lui faudrait jouer serré, engager la conversation : un affrontement direct serait stupide et dérisoire, il n’avait aucune chance d’affronter ``ça’’ et d’en sortir vainqueur. La salle s’illumina subitement d’une lumière rougeâtre et sombre. Artkanis eut un mouvement de recul. Face à lui se dressait, colossal et imposant, un spécimen de la terrifiante race draconienne de l’ombre. Ses yeux n’étaient plus en apparences que deux émeraudes en fusion où brillait une lueur de cruauté, sa gueule un puit de mort, un gouffre cracheur de non-vie. Le monstre toisa un moment le drow puis ricana gravement. « Tu n’aurais jamais dû entrer ici. Donne-moi une seule bonne raison de ne pas drainer ton énergie dans l’instant.. » reprit-il. Artkanis, terrifié, s’excusa tout d’abord du mieux qu’il pût mais le dragon n’avait cure de tels propos. Il souhaitait simplement se divertir un peu, jouer avec la peur qu’il inspirait à cet humanoïde. Artkanis commença à promettre tout ce que son imagination lui inspirait ; ses idées se précipitaient, il paniquait face au désintéressement continu du monstre et ne sut bientôt plus que faire pour gagner du temps. Lassé, le dragon revint finalement sur une proposition énoncée rapidement par l’humanoïde : celle de l’avoir à son service, en attendant de le consumer. Artkanis ne put guère discuter ce verdict et devint ainsi l’esclave de la bête. Les premiers mois de captivité furent dénués de toute communication avec le dragon, ordres et insultes exceptés. Plus tard cependant, Drish’Narkahata, c’est ainsi que se nommait le monstre, s’intéressa aux récents évènements et changements de grande envergure survenus dans le Monde d’En Bas et interrogea le drow, non sans le malmener régulièrement. Artkanis apprit ainsi, avec du temps et beaucoup d’adresse, que le dragon était en possession d’un énorme trésor où il avait accumulé ses richesses et trophées depuis plus de mille ans. Artkanis ne put toutefois trouver l’endroit où Drish’Narkahata garder ses possessions. Bien plus tard, un vampire du nom de Drazhar s’aventura dans la tanière du dragon. Alors que ce dernier s’amusait à jouer avec l’intrus, Artkanis découvrit par un pur hasard une trappe menant à un petit couloir débouchant finalement sur une pièce plus vaste encore que la précédente remplis d’objets et richesses divers. Il s’empressa de saisir la première chose qui se présenta à lui et remonta prestement pour cacher son butin : un simple pendentif. Etant quelque peu versé dans l’art de la magie, il en examina les contours et découvrit, gravé sur l’objet, un mot de commande. De son côté, Drish’Narkahata se lassa de son nouvel interlocuteur et entreprit de le détruire. Drazhar se défendit de son mieux et n’aurait certainement pas soutenu longtemps les assauts du dragon si Artkanis n’avait pas prononcé à ce moment ledit mot en pointant le bras droit vers son maître. Une spirale d’énergie mauve jaillit alors de l’amulette et fut projetée vers le monstre. Le flux continu agit alors : Drish’Narkahata sentit ses membres se raidir puis s’immobiliser. Son esprit s’embruma, son sang bouillonna, il poussa un grand hurlement rauque et tomba inerte au sol. Le pendentif éclata, Drazhar se précipita alors sur la dépouille pour se repaître de son sang et Artkanis tituba. Il se sentait étrangement vigoureux mais également quelque peu perturbé. Alors une voix murmura en son esprit «Il n’y aura plus de paix pour toi désormais… je ne cesserai de te harceler…tu ne pourras plus jamais redevenir toi. Nous SOMMES toi. » En quelques temps, les yeux d'Artkanis furent transformés par l'âme draconienne qui l'habitait et devinrent telles deux pierres incandescantes virant parfois au vert, parfois au bleu d'un flamme; aussi dut-il se résoudre à porter une grande cape muni d'une capuche pour ne pas susciter de remarques ou de réactions dangereuses dans son entourages... Ainsi, Artkanis quitta-t-il le Monde d’En Bas en compagnie du vampire vers les terres divines, libre de corps mais changé dans l’âme. |