| [16/11/2005] Résultat du concours RP du 15 octobre | Retour index |
| Camus | 16/11/2005 - 14:48 |
| [pid:42347] | Après un mois de déliberation je te tiens d'abord à remercier tous les participants (20 environ avec de très beaux textes RP Arretons le suspens, notre vainqueur est donc : Kalayeni Elle gagne donc un skin perso pour la map. Bravo à elle |
| Camus | 16/11/2005 - 14:49 |
| [pid:42348] | Nous vous offrons la possibilité de lireson texte ici Première partie. La voix de l’homme est grave, douce. Il prend son temps, raconte doucement l’histoire. Les enfants sont hypnotisés. Il s’arrête, les paroles sont suspendues à ses lèvres, ménageant le suspens. On entend seulement le crépitement du feu dans la cheminée. Dehors la neige tombe. Les visages de Narenn et Mataya sont éclairés par la lumière dansante des flammes. «Allez Papa ! Raconte… la suite !! » C’est Narenn qui a parlé. Mataya se pelotonne contre son grand frère. Un sourire fugace se dessine sur la figure du père. Il reprend immédiatement le sérieux nécessaire à la narration d’un conte pour enfant. Une vieille histoire de la région, transmise par voie orale à travers les années. Il reprend. La petite Mataya se recroqueville encore plus contre son frère. « C’est alors que, se glissant entre les ombres, la vilaine ogresse s’approcha de la chambre des enfants…Elle entrouvrit les volets dans un grincement couvert par le bruit de la tempête et du vent. La Kalayeni se glissa à l’intérieure de la pièce et s’approcha du lit du plus jeune enfant… Alors que ses mains noueuses dotées d’ongles acérés s’approchaient de la figure du petit enfant… -Allez les enfants, il est tard, c’est l’heure d’aller au lit… -Oh non Maman, pas déjà ! Papa a pas raconté la fin…. -Allons allons, il racontera la suite demain soir -J’ai peur… -Mataya… »Elle se retourne vers l’homme, un sourire pointant au coin de ses lèvres : « Je te l’avais dis qu’elle était trop petite Erchain… -Je suis sûre que si Papa raconte la suite j’aurai plus peur ! -Moi j’ai pas eu peur, mais je veux la suite… -A oui ? »Elle interroge son mari du regard, prend un air faussement sévère, « Bon et bien, soit. Mais allez vous coucher avant, Papa racontera l’histoire pendant que vous vous endormirez… -Merci maman ! (En chœur) bonne nuit ! -Allez hop les enfants on y va… -Chuis plus un enfant moi Papa… -Oui oui je sais t’a presque six ans… » Alors que les enfants montent dans leur chambre, une mansarde sous le toit, Erchain s’approche de sa femme, l’enlace tendrement. Il glisse sa main sur le ventre de la jeune femme qui s’est un peu arrondi depuis quelques semaines. « Et le prochain, il dors déjà ? ». Il sourit. Elle l’embrasse : « Dépêche toi, ils t’attendent… » Alors qu’il monte à son tour, elle finit de ranger et mettre en ordre la salle commune. Quelques minutes plus tard, assise sur les marches de l’escalier, elle écoute. Ils sont de l’autre côté de la porte. « Alors que l’horrible ogresse s’apprêtait à dévorer tout cru le petit Tom, le courageux chevalier surgit dans la pièce. Juste à temps. Tu es finie horrible sorcière ! C’en est fait de toi ! hurla-t’il pour attirer son attention. Il se battit courageusement, malgré les pouvoirs de l’horrible femme. Alors qu’il parvint à la blesser mortellement, la Kalayeni poussa un hurlement prolongé d’un rire démoniaque, puis disparu à tout jamais dans immense brume noire. Grâce au courage du preux chevalier, le petit Tom était sauvé, et il pu rejoindre ses parents. Et voilà c’est la fin. Allez endors toi Mataya, il est tard. Regarde ton frère dors déjà. Bonne nuit ma puce. » On entend le froissement des couvertures. Des bruits de pas se rapprochent de la porte. « Dis Papa, elle existe plus la méchante dame ? Elle est morte hein ? -Bien sûr. Allez ne t’inquiète pas, bonne nuit ma puce. » Il sort à pas de loup, un bougeoir à la main. En le voyant, la jeune femme se relève dans un bruit de tissu. Ils se regardèrent tendrement, sourient, puis redescendent les escaliers. Deuxième partie. La journée fut belle. Froide. Les enfants l’avaient passée à jouer dans les champs enneigés. Erchain, lui, est parti au village négocier des fourrures et de la nourriture pour la semaine. Il reviendra après le coucher du soleil sûrement. Tout est calme. Après le dîner, les enfants se sont effondrés au coin du feu, assommés par la fatigue. L’un après l’autre, elle les monte endormis dans leur chambre, puis après les avoir couchés, couvre leur front d’un baiser bienveillant. Contre le cauchemar. Narenn soupire. Alors qu’elle s’apprête à ressortir de la pièce, elle entend la porte s’ouvrir, le vent glacial s’engouffrer dans la maison. Elle se précipite en bas. Enfin, il est rentré. Alors qu’elle se jette dans ses bras, la surprise stoppe son élan. Il n’est pas seul. Un autre homme l’accompagne. Erchain se dégage délicatement de l’emprise de ses bras. Il lui présente le voyageur alors qu’ils ôtent leurs manteaux trempés par la neige. Un nom commun, un physique assez agréable, régulier, sans signe particulier, une impression de déjà vu, l’air sympathique. Erchain lui a proposé l’hospitalité. Le voyageur est à la recherche d’herbes et d’écorces dont le froid de l’hiver leur conserve des propriétés particulières. Mais celles-ci ne poussent pas tous les ans. Effectivement, il lui était arrivé à elle aussi de voir les herbes qu’il lui avait décrites, rarement. Alors qu’il s’avance et la complimente en les remerciant tout deux pour leur hospitalité, il promet une compensation financière pour les frais supplémentaire du ménage, ainsi qu’une aide aux durs travaux de la maison. Il entreposera ses affaires dans la grange. Elle part attiser le feu du poêle afin de faire réchauffer le repas. Les deux hommes discutent près du feu. L’ambiance est calme, reposante. Les douces flammes de la cheminée réchauffent l’atmosphère de la pièce, un temps refroidie par leur entrée. Troisième partie. En plus des services quotidiens qu’il remplit, le voyageur est d’une compagnie plaisante. Cela fait un peu plus d’un mois qu’il est maintenant arrivé. Les enfants l’aiment beaucoup. Il leurs raconte des histoires venues d’une autre région. Et des histoires qu’il raconte en chœur avec leur père. Le ventre de la jeune femme s’est encore un peu plus arrondi. Quatrième partie. Le soir tombe. Erchain et les enfants sont à la foire, il va en profiter pour prendre des réserves pour le voyage, viande séchée, fruits secs, pain de route. Dans la grange, le voyageur prépare déjà son sac. Quelques jours auparavant, il était revenu de la forêt, contaminant de sa joie l’entourage. Il avait enfin trouvé ce qu’il cherchait. La veille, il avait donc pris la décision de reprendre la route. Les enfants furent attristés par l’annonce de son départ, surtout Mataya. Elle finit de plier quelques couvertures, et quelques chemises de laine épaisse. Elle les empile, et les emporte vers la grange. Elle passe la porte. Froid, nuageux, bientôt neigeux. Pourvu que Erchain et les enfants ne tardent pas trop. Elle traverse l’allée blanchie, ouvre tant bien que mal la porte avec sa seule main de libre, puis entre dans l’atmosphère tiède de la grange. Otant la pelisse qui lui couvrait les épaules, elle échange quelques paroles avec le voyageur, visiblement ravi d’une aide providentielle. Elle va déposer son encombrant chargement près du paquetage qu’il prépare. Alors qu’elle se relève, la jeune femme sent brusquement sa présence contre elle, dans son dos. Son bras gauche lui bloque les épaules. Elle proteste, tente de se dégager, mais il la tient, fermement. Il passe son autre main par-dessus sa taille enflée. Elle essaye de le frapper avec ses poings, sans y parvenir, les bras entravés par la poigne de l’homme. Affolement. Crainte. Peur. Elle se débat, en vain. Les battements de cœur trop fort, son pouls assourdissant, la respiration haletante. Peur. Perdue. Des paroles douces. Susurrées délicatement à son oreille. Rassurantes. Envoûtante. Calme. Se calmer. Son attention uniquement portée sur le chaleureux ton de sa voix. Sa respiration ralentit, le rythme de son cœur redescend à son allure régulière. Le souffle chaud du voyageur caressant son oreille, parcourant sa nuque, portant un flot de sonorités apaisantes. Elle frémit. Les paroles redoublent d’attention. Son calme est revenu, elle ne bouge plus. Une impression fugitive, un instinct, tente de la faire réagir, mais elle s’est déjà évaporée dans les brumes de son esprit. Bien être. Ses muscles tendus se relâchent. Elle sent toujours le souffle caressant, n’entend plus rien d’autre en dehors de ses paroles, sa voix. Sa tête, rejetée en arrière, repose sur l’épaule du voyageur, la gorge offerte. Il continue de parler, ses lèvres parcourant sa gorge, sa langue jouant sur sa peau, ses dents mordillant les lobes de ses oreilles, entre deux flots de paroles. L’ouïe de la jeune femme est saturée par sa voix, sa respiration lente et mesurée. Il relâche son étreinte. Elle ne réagit pas, abandonnée dans ses bras. Il délace doucement sa chemise. Le morceau de tissu glisse sur sa peau, n’est plus retenu seulement que par la main droite de l’homme négligemment oublié sur son ventre arrondi, son autre main soutenant un sein lourd. Il continue d’embrasser et mordiller son cou. Une douleur vive. Elle sort de sa torpeur. Momentanément. Des paroles apaisantes, encore. La chemise tombe au sol. Le liquide rouge, chaud, s’écoule sur son épaule, stagne quelques instants sur la clavicule, dévale le sillon mammaire. Alors que le sang, ralenti, entame sa descente sur le ventre rond. Il s’agenouille face à elle, léchant le doux breuvage s’écoulant de sa gorge, remontant, lentement, le long de la coulée sanguine, entre ses seins, passant sur la clavicule, remontant la gorge, s’abreuvant à la plaie. Avidement, il se repaît. Tout est calme. Son esprit dérive, doucement. Sous ses paupières closes, elle perçoit des teintes, des couleurs. Douces ou violentes. Un bref gémissement. Elle se laisse emporter, lentement. Elle ne sent plus rien. Impression de flotter. Rien d’autre. Juste la douce morsure en un tiraillement agréable. Ses jambes ne la porte plus. Il la dépose délicatement sur le tas de foin. Sans cesser d’apaiser sa soif. Elle ne s’en pas compte. Oubli. Contentement. Il l’enveloppe de sa personne. Douceur. Douleur. Une douleur vive, déchirante, arrachant ses entrailles. NON. Une lueur de lucidité traversant son esprit. Elle crie, pousse une plainte. Trop faible même pour se tordre sous l’effet de la douleur. « Le bébé… » Une grimace tente de voiler légèrement son visage. La douleur insoutenable tiraille son ventre. « Trop tard, tu as trop perdu… » Elle le regarde, affolée, suppliante. Les yeux implorant, reflétant sa douleur. « Mon… bébé ». Les larmes glissant sur ses jouant, noyant sa vision. Plus rien juste la souffrance envahissant par vague, en une tempête sauvage. Vague rouge. Puis noir. Rien. Plus rien. Cinquième partie. |